Le show parisien de Kadhafi
Par BabelParis le dimanche, décembre 30 2007, 15:11 - Politique Française - Lien permanent
10/12/ 2007, Aéroport d’Orly - Lunettes
noires, cheveux gominés, une silhouette surgit du jet privé qui vient
d’atterrir. Derrière le ballet de ses gardes du corps, on aperçoit à peine l’homme
qui s’engouffre dans une longue limousine blanche. Visage sans âge, regonflé au
botox, cheveux de jais, ce n’est pourtant pas un vieux chanteur fatigué mais Mouammar
Kadhafi, le Guide de
Kadhafi surfe sur la tempête politico médiatique
Avant même d’avoir planté
sa tente dans les jardins du palais Marigny, le colonel Kadhafi fait déjà souffler
un vent de panique au sein du gouvernement français.
Les propos fracassants de la jeune secrétaire d’Etat aux droits de l’homme Rama
Yade accueillant son arrivée en déclarant à la presse que
A Paris Kadhafi terrorise
le chef du protocole de l’Elysée par 1001 caprices, accuse
De la realpolitik de
Fallait-il recevoir le Colonel Kadhafi? Cette visite arrachée dans le processus de négociation pour la libération des infirmières bulgares l’été dernier suscite mille indignations au « pays des droits de l’homme ». Pourtant l’air du dictateur repenti et absout par ses pairs est une rengaine plutôt classique. Le Président Mitterrand, qui avait lui-même rencontré Kadhafi en 1984 en Crête, disait « Si l’on ne recevait que les démocrates et les gens qu’on aime, on serait bien seul ».
L’idée de la main tendue à celui qui « prend enfin la direction de la démocratie », ardemment défendue par Sarkozy, est louable. Michel Charasse, ancien conseiller de François Mitterrand a lui-même défendu l’attitude du Président Sarkozy, déclarant que « ce qui compte en politique étrangère ce sont les petits pas vers la liberté ».
Tout d’abord parce que la véracité de l’élan démocratique initié par le Guide
dans un pays où il n’y a aucun parti politique, aucune élection, et où les
violences envers les immigrés (
De plus les réactions
françaises sont symptomatiques d’un réflexe d’autodéfense face au grand virage
pris par N. Sarkozy pour mener une politique étrangère pragmatique où les
résultats (la libération des infirmières bulgares, les milliards d’euros de
contrats commerciaux signés, la construction d’une Union Méditerranéenne, etc.)
comptent bien plus que les moyens utilisés. Le concept n’est pas nouveau mais
… à celle de
A y regarder de plus près
ce que le séjour européen de Kadhafi aura permis de mettre en lumière, c’est la
volonté du Guide libyen à se rapprocher de démocraties occidentales, sans pour
autant avoir l’air de s’y soumettre. Depuis les attentats du
De bonnes résolutions qui
ne sauraient se dispenser de preuves tangibles. Les mois à venir seront
cruciaux pour déterminer si
Faute de quoi les français devront vivre longtemps avec un mauvais goût amer dans la bouche.
Laura Sevenier


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