Municipales à Paris : Delanoë et l’Europe
Quelle est la place de l’Europe et des européens dans la campagne du maire sortant ?

Bertrand Delanoë avait déjà choisi Anne Hidalgo, née à Cadix, comme
première adjointe en 2001-2008. Mais pour cette campagne municipale, le
maire socialiste a décidé de franchir un nouveau cap et de promouvoir
une citoyenneté européenne « éprouvée ». Il veut permettre à des
européens de s’engager à Paris. Pour en parler, il a rassemblé 14
février dernier, ses troupes place de l’Europe, entre la rue de Madrid
et la rue de Londres. Un lieu décidément bien choisi !
Les
ballons de baudruche aux étoiles jaunes sont distribués, les drapeaux
italiens ou belges flottent au vent et la troupe amassée sur le
trottoir déborde un peu sur le rond point. Est-ce que la marche
européenne va démarrer à l’heure ? Anne Hidalgo, tête de liste dans le
15ème arrondissement, n’est pas là… Tant pis, les organisateurs
décident d’y aller sans elle ! Derrière la bannière étoilée, en tête de
cortège, six candidats espagnols, belges, italiens et portugais,
avancent en rang serré. Voilà donc les candidats socialistes que
Bertrand Delanoë voulait présenter !
Des candidats venus des quatre coins de l’Europe…. Enfin presque !
Depuis
2000, en vertu du traité de Maastricht, les ressortissants d’un des
états membres de l’Union européenne résidant en France, ont le droit de
vote et d’éligibilité. Ils ne peuvent toutefois exercer les fonctions
de maire ou d’adjoint (sauf en cas de bi-nationalité) ni participer à
la désignation des sénateurs.
A Paris, le nombre de
ressortissants de l'Union européenne inscrits sur les listes
électorales a progressé de 58 % par rapport à 2001 mais il y a encore
peu de candidats sur les listes. Qu’est-ce qui a poussé les six
candidats ici présents à se présenter ? Se considèrent-ils comme des
candidats différents parce qu’ils viennent d’un autre pays européen ?
Mario
Gonzales, avocat de 29 ans, candidat dans le 18ème, croit aux « forces
progressistes de la gauche ». Il s’est engagé en France puisqu’il y vit
depuis ses dix-huit ans. Il explique donc son engagement à Paris comme
une évidence et parle de ses convictions politiques avec enthousiasme.
Pour lui, les idées politiques dépassent les questions d’Etat.
Pour
Claudine Mukizwa, candidate dans le 4ème arrondissement, le lien avec
la Belgique est plus évident. Elle habite en France depuis cinq ans et
ne s’était jamais engagée officiellement en politique lorsqu’elle
habitait en Belgique. Même si elle avait déjà des affinités pour la
gauche. En arrivant en France, elle a pris sa carte au PS et entend
désormais « servir le parti socialiste ». Elle pense pouvoir apporter
des idées de Belgique et comparer ce qui se fait dans les deux pays «
tout en faisant attention à ce que ces idées soient applicables en
France au regard de la loi. » Et oui, pas question de faire du copier
collé d’un pays à l’autre !
Bertrand Delanoë serait-il un européen convaincu ?
En
tous cas, sa grand-mère est italienne, il peut citer toutes les
capitales européennes et il compte beaucoup d’amis parmi les maires
européens, de Walter Veltroni, maire de Rome, à Antonio Costa, maire de
Lisbonne ! D’ailleurs ce dernier est présent aux côtés de Bertrand
Delanoë. Il félicite le maire sortant, « un modèle pour les maires
d’Europe », et sa liste qui est « une référence », « un espoir de
citoyenneté ». Voilà donc quelques fleurs pour la Saint-Valentin !
Antonio Costa affirme : « l’Europe est une rencontre de peuples avant
d’être une affaire d’Etats. »
Delanoë poursuit en relevant que
l’Europe est d’abord une terre de liberté et qu’en sortant de la
dictature, le Portugal, comme l’Espagne ou la Grèce, ont choisi
l’Europe comme « espace pertinent ». Il regarde ensuite ses candidats
et remarque : « il y a des symboles qui importent ». Se cantonne-t-il
aux symboles ?
De l’Europe aux européens
Bertrand
Delanoë annonce aussi quelques projets concrets comme la transformation
de la Maison de l’Europe en Maison des européens. Il veut que ce soit
un lieu d’initiatives et de rayonnement.
Et s’il est réélu,
Bertrand Delanoë souhaite s’engager lors de la présidence française à
partir de juin et il nous promet une grande fête de l’Europe les 9 et
10 mai prochain !
Haude-Marie Thomas






